Blog de Philippe Baumel

BLOG DE PHILIPPE BAUMEL “ Le socialisme et la République sont inséparables car, sans la République, le socialisme est impuissant et, sans le socialisme, la République est vide ” Jean JAURES

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Tribune parue sur Marianne2.fr le 3 mars 2010


Sarkozy divorce... avec les paysans.
La droite fuit le monde agricole. Après en avoir fait l’une de ses clientèles privilégiées pendant quelques décennies, après avoir fait de plusieurs syndicalistes agricoles des ministres, la droite française semble s’être totalement coupée d’un monde qu’elle ne connaît plus et qui ne la reconnaît plus.

Au fond, ce pouvoir fasciné par l’argent, dont la soumission à l’idéologie dominante le pousse à ne considérer que la rentabilité à court terme, ce pouvoir qui est allié à la globalisation financière peut-il voir dans l’agriculture une richesse ? Pis, peut-il considérer ce secteur comme digne d’intérêt puisque n’étant pas rentable dans l’instant ?


Dérégulation totale
Nicolas Sarkozy hérite donc d’une clientèle électorale qui l’indiffère, qu’il ne comprend pas et qu’il ne pourra pas comprendre. Il a choisi d’engager avec elle un jeu de cache-cache … A mesure que l’on s’oriente vers la fin de la Politique Agricole Commune, le pouvoir camoufle de plus en plus difficilement son incapacité à penser l’avenir d’une politique qui demeure pourtant essentielle. Sa responsabilité dans la crise du lait est immense.

Face à la dérégulation totale, face à la suppression des quotas confirmée par le commissaire européen à l’agriculture, qu’a fait le gouvernement français ? Un peu de communication et puis rien : la dérégulation s’applique ! L’intégrale soumission au marché, celle qui consiste, depuis 40 ans, à considérer que l’agriculture ne peut avoir d’avenir que dans un vaste marché mondial mais qui, dans le même temps, prétend défendre la survie de nos agriculteurs, cette logique-là arrive à son terme. Elle est minée par trop de contradictions pour ne pas succomber à la pression des faits.

Peut-on, à cause d’un non choix, s’orienter vers une France qui ne compterait plus que 200 000 à 250 000 agriculteurs ? Le pari fait par la commission européenne d’une importation durable de produits agricoles à bas prix est une aberration. Qu’est-ce qui garantit à l’Europe un approvisionnement continu et sans risques sur une période pluri décennale ? Qu’est ce qui garantit, sur le long terme, la faiblesse des prix ? On le voit très vite, il y a une nécessité vitale de changer de politique agricole et d’en inventer une nouvelle…


Pour un "bouclier rural"
Repenser l’agriculture en France est donc un impératif. Une fois affirmée cette évidence, il convient de savoir quelle politique concrètement on veut mener pour les prochaines décennies. Utilisons le rendez-vous des élections régionales pour promouvoir et aider une restructuration complète des filières de production et d’achats à partir de la demande considérable en produits et denrées alimentaires que constituent, rien qu’en Bourgogne par exemple, les 35000 repas servis chaque jour dans ses 124 lycées.

Créons une centrale d’achats de proximité dans chaque région, structurant ainsi des filières courtes et constituant un revenu concret pour les agriculteurs qui répondrons à cette offre. Et si l’Etat veut vraiment aider à cette réforme, et bien qu’il y participe sincèrement par des aides non pas de compensation, mais par un soutien d’avenir à des productions consommées dans la proximité.

Voilà ce que peut être un bouclier rural plus utile à notre société que le bouclier fiscal qui ne protège que ceux qui n’ont pas besoin de l’être. L’agriculture ne doit pas être un mistigri que l’on se passe sous le manteau, mais bien un cap pour une autre société moderne au XXIème siècle, consciente de ses besoins et respectueuse de ses producteurs, tout autant que de son environnement.

Nourrir un pays, maîtriser son autosuffisance alimentaire, renforcer le lien entre production de denrées agricoles et société sont quelques clés de la politique à mener. Il le faut pour des raisons stratégiques, économiques, politiques, sanitaires et environnementales.
Philippe BAUMEL
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Les dentellières d’Hortefeux

Vendredi 19 Février 2010

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Il n’aura échappé à personne, et surtout pas aux dentellières du ministère de l’Intérieur, que le canton d’Issy l’Evêque et celui de Verdun-sur-le-Doubs, c’est bonnet blanc et blanc bonnet. D’où la décision du chef d’atelier des dentellières, M. Hortefeux, de regrouper ces deux cantons dans la même circonscription. De la belle ouvrage !
On pourrait continuer sur ce registre de l’humour si la validation du redécoupage électoral par le conseil constitutionnel n’était pas une décision aussi grave. On peut discuter de la nécessité d’un redécoupage, et nous n’y sommes pas forcément hostile. D’ailleurs, nous avions relevé qu’un certain nombre de propositions, même si elles n’étaient pas toutes favorables à la gauche, étaient tout à fait respectables, honorables. Mais pas celle-ci qui transforme les circonscriptions de Saône-et-Loire en napperon de dentelle taillé sur mesure pour tenter de réduire à peau de chagrin la présence des députés de gauche et consolider en passant la position de certains élus UMP.
De mémoire, notre département n’avait jamais connu un tel hold-up électoral. En réalité, avec un gouvernement de cette nature, nous ne devrions nous étonner de rien. Et pourtant, à chaque fois nous ne pouvons faire autrement que d’être surpris par la canaillerie qui préside à son action publique.
Si par malheur pour les candidats UMP et Nouveau Centre, malgré ce charcutage scandaleux, certains d’entre eux perdaient une circonscription en 2012, ce serait un désaveu cinglant pour leur action et pour le gouvernement qu’ils soutiennent. Ce serait en tout cas un signe fort donné par les habitants de Saône-et-Loire à l’encontre de pratiques politiques qu’on croyait enfouies à jamais dans les mémoires.

Philippe BAUMEL
Président de l’UDESR
Philippe BAUMEL
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Paru sur Marianne2.fr


35 heures : la vérité sur un alibi de droite
Douze ans après leur vote, les 35 heures sont encore l’objet des fantasmes d’une droite « décomplexée ». Parmi les mythes véhiculés par la droite, il en est un qui a la vie dure : « la faute aux 35 heures ». Couplé avec le « travailler plus pour gagner plus », il a – reconnaissons le – prouvé son efficience dans les urnes et, dans le même temps, son inefficience économique et sociale. Car les 35 heures n’ont pas été une mauvaise affaire pour la France et les Français. Répondant à une vieille idée socialiste qui veut que si l’homme doit recevoir le juste prix de son travail, il ne peut pas être réduit à n’être qu’un facteur de production, la réforme des 35 h visait à libérer du temps pour les loisirs, la culture ou même les études. Jamais la France n’a atteint un degré de productivité horaire aussi élevé qu’au moment de la mise en place de cette grande loi.

S’il ne faut jamais idéaliser une loi, imparfaite comme le sont toujours les textes et les hommes, il faut reconnaître à la philosophie de cette réforme, à sa mise en place et à ses effets, quelques mérites. D’abord, elle a contribué à accroître la productivité des Français et si dans quelques cas la loi a été appliquée trop vite, elle a aussi correspondu à une période d’enrichissement de la France. L’économiste Guillaume Duval rappelait ainsi qu’il y a cinq ans, une personne occupant un emploi en France produisait en moyenne 73400 dollars de richesses, contre 65700 pour un Anglais, 59900 pour un Allemand et 57800 pour un Japonais. Le salarié français affirmait avoir travaillé en moyenne, au cours de l’année 2007, 35,3 heures contre 35,4 heures en moyenne au niveau de l’ex-Europe des 15. C’est dire le retard de la France !

Aujourd’hui, le « travailler plus pour gagner plus » s’est évaporé. Les Français travaillent souvent plus et gagnent encore plus souvent moins, 600 000 chômeurs supplémentaires en un an aimeraient, quant à eux, simplement vivre de leur travail, le statut d’auto-entrepreneur camoufle une précarisation croissante de l’activité professionnelle et une disparition déguisée des congés payés, la casse du droit social fragilise systématiquement les salariés. Pour un pouvoir soi disant attaché au travail, on remarquera l’acharnement qui est le sien à le dévaloriser et à précariser ceux qui détiennent les véritables savoir-faire. On pointe en effet aussi du doigt avec l’idéologie « anti-35 heures », un aspect de notre folklore national : le déclinisme, l’autodénigrement et la passion pour la mise en accusation d’une pseudo paresse des Français. Dans les clichés véhiculés par la droite, on retrouve toutes les recettes qui ont fait le lit et coulé les fondations de la révolution conservatrice américaine.

Si ce ne sont pas les 35 heures qui peuvent pallier l’absence de politique industrielle, leur dénigrement permanent ne peut tenir lieu ni de politique ni d’alibi à la faillite politique de la droite actuelle.

Philippe BAUMEL
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Lorsqu'on formule des voeux, on a évidemment l'espoir qu'ils se réalisent. Or, dans ces tout premiers jours de 2010, je serais bien en peine de vous souhaiter une augmentation de votre pouvoir d'achat, une diminution du chômage, un apaisement des rapports sociaux. Sauf à le faire sans aucun souci de résultats! Autrement dit, de le faire pour les convenances...

Force est de constater que ces objectifs, s'ils sont les souhaits que l'on peut avoir pour la France et pour les Français, ne pourront être atteints par de simples voeux en 2010!

Notre pays est profondément divisé. D'un côté des riches qui le sont de plus en plus. De l'autre, des pauvres, qui sont de plus en plus nombreux et de plus en plus démunis. Cette fracture sociale est même amplifiée par un phénomène que l'on croyait disparu depuis la Révolution, celui de la différenciation en fonction de l'appartenance géographique. Les coupes sombres effectuées dans l'ensemble de nos services publics et de nos collectivités territoriales, l’acharnement de nos gouvernants a combattre tous les outils de l’égalité républicaine a commencer par l’éducation nationale ont en effet accentué les différences sociales selon qu'on habite au centre d'une grande ville ou dans une banlieue ou à la campagne.

Les libéraux ont voulu nous soumettre à la mondialisation, en instaurant une sorte d'hyper-loi selon laquelle seule l'économique déciderait de notre avenir. Mais, même ce système, où un certain équilibre s'était instauré pour assurer le bien-être des plus nantis, est en profond bouleversement. La Chine, où la production est réalisée au mépris de toutes les lois sociales et environnementales, accroît sans cesse sa puissance, alors que les Etats-Unis régressent chaque jour un peu plus.

Dans ce contexte, les seuls vœux sincères que nous pouvons formuler sont des voeux de combat pour faire émerger des idées nouvelles qui nous permettront, au niveau européen, de trouver toute notre place dans le jeu des grandes puissances et même de devenir un modèle économique, social et environnemental. Cette forme de combat est à inventer, elle ne naîtra que grâce à des idées rebelles, sans aucun doute dérangeantes. Quelles qu'elles soient, elles ne pourront être efficaces que si elles intègrent les rapports de classes, seule grille de lecture d'une politique de changement. Alors avec appétit et détermination, j’adresse a chacun de vous des vœux pour que 2010 soit une année citoyenne loin de toute mièvrerie convenable mais faite de luttes et de victoires pour plus d’égalité et de fraternité».



Philippe BAUMEL

Président de l'UDESR

Philippe BAUMEL
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Un peu de cohérence, M. Anciaux!

Jeudi 24 Décembre 2009

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Un peu de cohérence, M. Anciaux!
«On ne doit doit pas sacrifier l'économie pour l'écologie. Les contrats c'est de l'emploi. Moi c'est ma philosophie et mon objectif est de contribuer à maintenir ou de développer l'emploi, si possible au Creusot».
S'ils n'étaient pas naïfs et dérisoires, je trouverais scandaleux les propos de M. Anciaux à son retour de Pékin. S'il était en effet si attentif au maintien et à la création d'emplois, au Creusot d'abord et en France ensuite (je rappellerai qu'il est député de la nation!), M. Anciaux aurait par exemple voté les budgets du conseil régional de Bourgogne qui ont apporté des aides aux entreprises bourguignonnes, qui ont permis aussi de construire des gymnases, des internats, des CDI dans les lycées et qui, de ce fait, ont apporté de l'emploi aux entreprises bourguignonnes. Et qui ont par ailleurs respecté les normes de développement durable. Mais il n'a pas voté ces aides!
Monsieur Anciaux devrait ensuite consulter les chiffres de l'OCDE qui lui indiqueraient que le montant total des exportations de l'ensemble des pays de l'Union européenne vers la Chine est inférieur aux exportations vers... la Suisse! Il y a effectivement, dans ce total, les centrales nucléaires françaises, mais les Chinois n'ont pas tellement le choix. S'ils ont décidé d'acquérir la technologie française dans ce domaine, ce n'est pas pour les beaux yeux de M. Anciaux, c'est tout simplement parce que c'est la plus fiable.
Cela nous laisse donc une marge de manoeuvre considérable pour, au minimum, négocier les conditions de nos importations à partir de la Chine. En exigeant par exemple que les normes sociales et environnementales soient mieux respectées en Chine. Une hausse de la taxation à l'importation des produits chinois élaborés dans des conditions désastreuses pour les ouvriers chinois et pour la planète ne serait nullement scandaleuse.
En attendant que M. Anciaux réfléchisse à tous ces aspects et en espérant que ce temps de réflexion ne sera pas trop parasité par l'énergie qu'il déploie à chaque instant pour obtenir un poste de secrétaire d'Etat au gouvernement, je lui souhaite un très bon Noël avec les objets qu'il a peut-être rapportés de Pékin : un ours en peluche fabriqué par des gamins de l'âge de ceux auxquels il est destiné? Un train électrique qui ne respecte pas les normes de l'UE? Un couteau Laguiole fabriqué avec du métal non alimentaire? Autant d'objets qui, s'ils avaient été fabriqués en France, auraient créé de nombreux emplois...
Philippe BAUMEL
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Article paru le 10 décembre sur Marianne2


L'histoire ne doit pas devenir une langue rare




Nouvelle étape du mouvement brownien engagé par le pouvoir, la réforme du lycée restera comme une forme d’archétype de la méthode Sarkozy. Des bonnes intentions, des contradictions, un acharnement comptable suicidaire et cette petite touche, ce je-ne-sais-quoi de défiance envers les savoirs qui caractérise l’équipe du Président de la République.

Beaucoup l’ont dit mais il est sans doute bon de le répéter : une réforme du lycée sans réforme du collège est en soi inepte. Au-delà de ce constat, c’est à une réalité pesante sur notre société qu’il faut s’attaquer : celui de l’inégalité territoriale. Qu’on se rassure, les lycéens du Lycée Pasteur de Neuilly, ceux d’Henri IV, souffriront peu ou pas du tout de la réforme de Luc Chatel. Il est certain que, dans notre pays, les inégalités se creusent entre établissements et particulièrement entre les établissements ruraux et ceux des centres-villes les plus aisés. C’est ce qui explique que les éternelles bonnes intentions manifestées en matière scolaire soient vouées à l’échec du point de vue de la réduction des inégalités. On peut vouloir – et c’est heureux - renforcer les langues ou la filière littéraire… cela ne fait pas une logique globale, encore moins une politique…

Il est évident que développer les options a un avantage immédiat : cela permet de réduire des « coûts», de renforcer le numerus clausus au CAPES et à l’Agrégation. Cela contribue efficacement à suivre le fil conducteur de la politique scolaire du gouvernement : réduire l’éventail de la carte des formations. «Optionnalisons ! » tel semble être le mot d’ordre du pouvoir. Contribuant ainsi à établir une inégalité territoriale de plus en plus évidente dans notre pays, il a délibérément choisi la voie du déclin…

Jusqu’ici les langues rares (bien qu’il faille définir ce qui est une langue rare), les langues anciennes, les disciplines artistiques faisaient les frais de cette politique. On appauvrit la carte des formations, on appauvrit l’Education nationale, on appauvrit le pays. Et l’on est en droit de se demander s’il n’y a pas une stratégie bien plus dangereuse à moyen terme. Une fois l’Ecole amoindrie, affaiblie, une fois cette immense entreprise de paupérisation de l’Ecole achevée, ne nous tiendra-t-on pas le discours de la « nécessaire » privatisation de celle-ci au nom de « l’efficacité » ? Mais aujourd’hui, on ne s’arrête plus au cœur des «humanités », on va plus loin, on s’attaque, insidieusement, au lien social…

Coup terrible, l’idée de rendre l’histoire optionnelle en Terminale S prend une toute sa signification. On s’apprête à sacrifier une matière fondamentale de la formation des lycéens sur l’autel d’une idée aussi vague que fumeuse dictée par la volonté de réduire des coûts. La culture générale est un coût pour un Président de la République avocat d’affaire et un Ministre directeur du marketing. Or, le lycée n’est pas le lieu de la formation de spécialistes. Il doit être le lieu de la formation de citoyens capables par une culture commune, par des connaissances suffisamment larges de s’insérer dans la société, de participer à la vie de cette communauté civique qu’est la nation, de prendre part à la vie de la cité… Rendre l’histoire optionnelle c’est un peu, à mon sens, comme vendre les collections du Louvre au motif qu’elles vaudraient beaucoup d’argent ou expulser les Rougon-Macquart de nos bibliothèques au motif qu’ils prennent trop de place…

L’Ecole ce n’est certes pas qu’une question de « moyens ». Mais un pays qui investit massivement dans l’Education, dans la connaissance, de la maternelle à l’Université est un pays qui gagne en moral collectif. Au contraire de l’actuel gouvernement, à l’image de ce que les majorités socialistes et progressistes font dans les Régions, il est grand temps, en France, de faire le pari sur l’intelligence.
Philippe BAUMEL
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C’est Frêche, c’est rance…

Jeudi 10 Décembre 2009

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Malgré ses écarts, ses frasques, ses calembours et ses provocations, le promoteur de la « Septimanie », brillant médiéviste et piètre camarade socialiste, sera donc soutenu par notre parti pour les élections régionales de mars prochain. A cette nouvelle, on peut légitimement ressentir un certain malaise. Ne nous étendons pas sur les différentes diatribes de Georges Frêche. Elles ne sont pas à son honneur et ne rendent pas justice au militant et l’intellectuel qu’il fut dans sa région. Elles rendent seulement compte de ce qu’un pouvoir exercé seul rend possible chez un homme à la fois intelligent et convaincu lorsque, les années passant, un soupçon de mégalomanie mêlé à un goût immodéré de la provocation stérile s’emparent d’une personnalité comme le camarade Frêche.

On pouvait renouveler l’équipe en place, choisir un Président neuf et rassembleur. On ne l’a pas fait. Le choix de renouveler la confiance du PS à Georges Frêche répond moins à un souci éthique qu’à la volonté de ménager des intérêts locaux et une personnalité dont le potentiel de nuisance dans les Congrès internes du parti est avéré. Dans une vie politique, on ressent parfois le sentiment du Hugo des « Mains sales ». C’est pour moi aujourd’hui le cas.

Les dégâts causés risquent d’être importants. J’ai envie de crier à mon parti à propos du camarade Frêche : « Non récupérable ! »… Puisse ce petit message être entendu et que la rénovation du PS y gagne…
Philippe BAUMEL
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Entre schizophrénie et contorsionnisme

Mercredi 2 Décembre 2009

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Entre schizophrénie et contorsionnisme
J'attends avec une certaine impatience de voir comment l'UMP va conduire sa campagne pour les élections régionales. Il faudra à MM. Sauvadet, Anciaux et de Raincourt beaucoup de talents de contorsionnistes pour expliquer sur le territoire bourguignon leur réforme des collectivités territoriales et de la taxe professionnelle.
En tant que parlementaires, ils se sont en effet efforcés de détruire tout ce qui avait été construit en matière de décentralisation, autrement dit tout ce qui avait fait de nos communes, nos départements et nos régions des collectivités indépendantes agissant au plus près de la réalité de nos concitoyens. Il faut rappeler qu'avant les lois de décentralisation de 1982 ces collectivités étaient sous la tutelle des préfets, sans véritable autonomie. Ce que veulent ces trois parlementaires et l'ensemble de leurs co-listiers qui les soutiennent, c'est ni plus ni moins qu'un retour à cette situation. Et donc un retour en arrière de près de 30 ans, ce qui, pour des responsables politiques, a un côté quelque peu inquiétant! Comment préparer une Bourgogne de demain en utilisant un système vieux de 30 ans?
Que propose la réforme défendue avec ardeur par M. Anciaux? Elle dénature dans un premier temps ces collectivités en imposant des intercommunalités sans l'accord des maires et le regroupement des conseils généraux et régionaux; elle leur coupe les vivres dans un deuxième temps en supprimant la taxe professionnelle qui est l'une de leurs ressources essentielles. N'oublions pas que 73% des commandes publiques, largement financées par la taxe professionnelle, proviennent des collectivités territoriales. Celles-ci vont bien évidemment diminuer considérablement, avec pour conséquence des pertes d'emplois pour les entreprises, souvent installées sur le territoire bourguignon, qui obtenaient ces commandes.
Ces réformes constituent un choix politique que je conteste, mais c'est un choix politique. Le problème, c'est qu'il est totalement incompatible avec la mission qui est celle du conseil régional aujourd'hui. En 2004, même si les Français avaient alors décidé de ne pas les porter aux responsabilités, les candidats de droite avaient toute légitimité à se présenter aux élections régionales. Ils défendaient des projets qui n'ont pas été retenus, mais ils s'inscrivaient dans le cadre du fonctionnement normal d'un conseil régional. En 2010, en revanche, sauf à renier publiquement les décisions qu'ils ont prises à l'Assemblée nationale ou au Sénat, trois têtes de listes au moins ont le choix entre la schizophrénie ou le renoncement.
Philippe BAUMEL
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Courage, Fuyons !

Lundi 23 Novembre 2009

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Courage, Fuyons !


Les conseillers régionaux UMP ont choisi ce matin de quitter l’hémicycle. Je les comprends. Alors que nous évoquions la réforme des collectivités territoriales et de la taxe professionnelle, ils n’avaient aucun argument à avancer pour justifier ces réformes scandaleuses. Et ils nous ont donc rejoué le film d’Yves Robert, Courage, Fuyons !
Que dire en effet de positif sur le retour en arrière de 27 ans que va nous imposer la réforme des collectivités territoriales ? Car c’est bien de cela dont il s’agit : les lois de décentralisation de 1982 ont permis aux mairies, aux départements et aux régions d’acquérir une autonomie qui leur permet d’agir au plus près des gens. La réforme va les contraindre à retomber sous la tutelle préfectorale.
Pour ce qui concerne la suppression de la taxe professionnelle, le gouvernement a trouvé là le moyen d’étrangler financièrement ces mêmes collectivités. Cette taxe leur permet en effet de réaliser des travaux qui créent des emplois. Je rappellerai pour mémoire que 73% des commandes publiques émanent des collectivités. Sans taxe professionnelle, les collectivités ne pourront plus investir, elles ne pourront plus subventionner les associations, ce qui va transformer nos communes et nos territoires en véritables déserts culturels et économiques.
Alors, oui, je comprends la fuite des conseillers régionaux UMP ce matin, mais j’attends avec une certaine impatience leurs arguments pour expliquer ces réformes lors de la prochaine campagne pour les élections régionales de 2010. Là, ils ne pourront plus se défiler, il leur faudra s’expliquer.

Philippe BAUMEL
Vice-Président du Conseil régional
Philippe BAUMEL
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EXPOSITION JEAN JAURES - JEAN LAVILLE A GUEUGNON ET DANS LE DEPARTEMENT.
Philippe BAUMEL
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Notre Bourgogne : le réseau social des socialistes pour les Régionales de mars 2010

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