Entre schizophrénie et contorsionnisme
J'attends avec une certaine impatience de voir comment l'UMP va conduire sa campagne pour les élections régionales. Il faudra à MM. Sauvadet, Anciaux et de Raincourt beaucoup de talents de contorsionnistes pour expliquer sur le territoire bourguignon leur réforme des collectivités territoriales et de la taxe professionnelle.
En tant que parlementaires, ils se sont en effet efforcés de détruire tout ce qui avait été construit en matière de décentralisation, autrement dit tout ce qui avait fait de nos communes, nos départements et nos régions des collectivités indépendantes agissant au plus près de la réalité de nos concitoyens. Il faut rappeler qu'avant les lois de décentralisation de 1982 ces collectivités étaient sous la tutelle des préfets, sans véritable autonomie. Ce que veulent ces trois parlementaires et l'ensemble de leurs co-listiers qui les soutiennent, c'est ni plus ni moins qu'un retour à cette situation. Et donc un retour en arrière de près de 30 ans, ce qui, pour des responsables politiques, a un côté quelque peu inquiétant! Comment préparer une Bourgogne de demain en utilisant un système vieux de 30 ans? Que propose la réforme défendue avec ardeur par M. Anciaux? Elle dénature dans un premier temps ces collectivités en imposant des intercommunalités sans l'accord des maires et le regroupement des conseils généraux et régionaux; elle leur coupe les vivres dans un deuxième temps en supprimant la taxe professionnelle qui est l'une de leurs ressources essentielles. N'oublions pas que 73% des commandes publiques, largement financées par la taxe professionnelle, proviennent des collectivités territoriales. Celles-ci vont bien évidemment diminuer considérablement, avec pour conséquence des pertes d'emplois pour les entreprises, souvent installées sur le territoire bourguignon, qui obtenaient ces commandes. Ces réformes constituent un choix politique que je conteste, mais c'est un choix politique. Le problème, c'est qu'il est totalement incompatible avec la mission qui est celle du conseil régional aujourd'hui. En 2004, même si les Français avaient alors décidé de ne pas les porter aux responsabilités, les candidats de droite avaient toute légitimité à se présenter aux élections régionales. Ils défendaient des projets qui n'ont pas été retenus, mais ils s'inscrivaient dans le cadre du fonctionnement normal d'un conseil régional. En 2010, en revanche, sauf à renier publiquement les décisions qu'ils ont prises à l'Assemblée nationale ou au Sénat, trois têtes de listes au moins ont le choix entre la schizophrénie ou le renoncement. Mercredi 2 Décembre 2009
Philippe BAUMEL
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