TRISTE TANDEM
Pauvre Michel Rocard ! Il y a quelque chose d’un peu pathétique dans la démarche de Michel Rocard. A l’instar de certaines stars vieillissantes du show-biz, Michel Rocard soigne ses angoisses existentielles en ponctuant la vie de son parti de sorties abracadabrantes sur la nécessité de la « scission » ou du ralliement à Bayrou. C’est sympathique mais symptomatique aussi ! Michel Rocard fait penser, avec son compère Kouchner, aux deux héros du film Tandem, incarnés par Jean Rochefort et Gérard Jugnot. Plus personne n’écoute Michel Rocard mais, chut ! , il ne faut surtout pas lui dire !
L’histoire de Rocard, c’est l’histoire des échecs d’une certaine gauche qui s’est fourvoyée dans le libéralisme en pensant y trouver la rédemption des dérives totalitaires d’une partie du mouvement ouvrier. Du Rocard gauchiste au Rocard centriste, on retrouve cette haine bien compréhensible du stalinisme. Certes. Rocard pense en fait que les dérives du mouvement ouvrier sont induites par Marx et, d’une certaine manière également, par la Révolution Française. Pour l’ancien animateur du PSU, la rédemption ne peut donc venir que d’une alliance avec les centristes : une réédition de la troisième force ! Balivernes ! Si l’on peut faire crédit à Michel Rocard d’une certaine sincérité et si on peut lui reconnaitre une constance dans ses haines, il convient de s’interroger sur la pertinence stratégique du choix rocardien et sur l’honorabilité du choix tactique qui l’a poussé à attendre cette ultime semaine de campagne pour lever en l’air la crosse quand ses camarades montaient au feu… Plus simple est le cas Kouchner, qui est très opportunément venu à la rescousse de l’ancien Danube de la Pensée de Conflant-Sainte-Honorine. L’ex-French Doctor voulait affronter Villepin au second tour de l’élection présidentielle… pour des raisons « esthétiques » avait-il fait valoir. Le souci esthétique de Bernard Kouchner n’a d’égal que la dimension éminemment éthique que prend sa collaboration occasionnelle à la revue « Le Meilleur des Mondes », où l’on retrouve d’anciens gauchistes convertis au bushisme. Kouchner refuse de « rejeter en bloc le libéralisme », élégante euphémisation de son adhésion totale aux dogmes néolibéraux. Kouchner se voyait aller pendre son linge à Bagdad ou à la tête de la Banque Mondiale, à défaut il se serait bien vu Ministre d’un « gouvernement d’union nationale » sous la Présidence de Nicolas Sarkozy. Caramba ! Encore raté ! La vérité qui dérange c’est que le peuple de gauche s’est réveillé et que le processus enclenché par Ségolène Royal est totalement étranger aux lubies centristes de Rocard et au tropisme néoconservateur de Kouchner. Il ouvre la voie à une dynamique nouvelle. Les classes populaires mobilisées, on peut sérieusement envisager de battre Nicolas Sarkozy. N’en déplaise à Michel Rocard, Bernard Kouchner, Claude Allègre ou même Dany-le-Vert, le rôle du Parti Socialiste c’est d’œuvrer à la victoire du socialisme ! Dimanche, nous écrirons une nouvelle page de l’histoire du socialisme… eux, n’auront plus d’encre dans leur stylo ! Mercredi 18 Avril 2007
Philippe BAUMEL
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